29 juillet 2009

U PONTE A TURRENU Il se trouve à 80 m environ à vol d’oiseau en amont de l’actuel pont sur le Bivincu de la D 82 bretelle ouverte en 1982 reliant le col de A Madonna di E Piane au col de Santu Stefanu. Pour s’y rendre, prendre à pied le chemin côté droit en amont du fleuve, longeant l’amenée d’eau ou "piobba" du Mulinu à E Noce, aujourd’hui transformé en restaurant. Du Ponte à Turrenu (altitude 317 m) un "chjassu" vous fait grimper vers l’ancien village ruiné de Turrenu et un autre vers Rutali par San Vitu. Histoire: En 1531, Mgr Agostino Giustiniani, évêque du Nebbiu de 1514 à 1536, dans son Dialogo nominato Corsica, une Description de la Corse, parle d’un pont de pierre pour passer le Bivincu et au-delà deux petits villages Rutali et Torreno (Tureno). Origine de ce pont ? Giovanni della Grossa qui vivait au XVe siècle dit dans sa Chronique du Moyen Âge que les Pisans nous ont laissé de superbes ponts. Celui-ci faisait-il partie du lot ? Ce n’est pas impossible lorsqu’on pense aux chefs-d’œuvre laissés par les Pisans dans le domaine des édifices religieux dans le Nebbiu. De même que les Romains eux-mêmes ont pu édifier un pont en cet endroit et la base serait alors romaine. Sur ce même fleuve du Bivincu, Mgr Giustiniani cite les "Ferrere" ou forges de feu Messer Bartolomeo di Negro, avec un beau bois de châtaigniers et d’autres arbres propres à faire du charbon en grande quantité. Une de ces forges est à une centaine de mètres sur le côté rutalais, appelée A Ferrera Vechja. L’autre en amont du fleuve au confluent du Bivincu avec le Filicione appelée Ferrera Suprana sur territoire muratais couplée avec une autre en contrebas sur territoire de Rutali qui sera équipée au XVIIIe siècle d’un haut fourneau. Le 11 septembre 1754, un acte a été dressé au Ponte di Turano sul fiume di Bivinco par le notaire Giovanni Morati de Muratu. Il faut dire que les Muratinchi, Vallecallesi et Olmitesi prononcent « tou.ran.nou » et les Rutalacci « tou. rin. nou ». Turrenu remonte au moins à l’époque romaine avec son église dédiée à San Parteu et pourrait être l’antique Turrinum ou Turrianum, une des cinq cités corses mentionnées par l’Anonyme de Ravenne au VIIe siècle soit un des cinq évêchés et centres administratifs de l’île. Dans les tailles génoises de 1454 et de 1537, le nom est orthographié Toreno. Ce village sera abandonné après 1565. En 1825, un moulin à huile est projeté agrandissant un autre plus ancien à grains qu’avait fait construire en 1602 le capitaine Finaltiero Campocasso (renseignements Charlotte Albertini dans son bigliettinu Ricordi Olmitesi è di u Nebbiu. No 10/11 de 1996 et No 20 de 1998) Ce moulin en ruine se trouve juste près du pont à l’extrême limite de Vallecalle. Olmeta di Tuda confine également à ce pont avec Vallecalle. C’est donc le point de convergence de trois communes. Caractéristiques du Pont Arches : 3 Longueur : 46 m Largeur : 2,50 m en comptant les murettes défaites sur les bords larges de 0,40 m chacune et hautes de 0,60 m. Le passage "ricciatu" ou hérissé est donc de 1,70 m. Hauteur : 7 m environ à partir du point central vers l’eau. État : le côté vers Rutali est abîmé et mérite une réparation urgente de même qu’il faut reconstruire les murettes. Le tout en respectant les règles de l’art. Seria un’opera maiò di risturà stu munimentu storicu. Louis Giacomoni.

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